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Origines du Tarot de Marseille

Origines du Tarot de Marseille
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Avec plus de 7000 jeux de tarots différents, en seulement 2 siècles, l’origine du tarot reste floue. Celle du tarot de Marseille l’est encore plus, malgré la popularité de ce jeu de cartes auprès des passionnés d’arts divinatoires. Les sources sont nombreuses mais ne se ressemblent pas, si bien que les spéculations se multiplient concernant la véritable origine des tarots en général et du Tarot de Marseille en particulier. Néanmoins, nous tenterons de faire une mise au point historique afin de retracer les premières apparitions du Tarot de Marseille sous sa forme actuelle. Les lignes suivantes permettront de découvrir l’origine des cartes à jouer, et de retracer le moment où les jeux de cartes furent transformés en jeux de cartes pour la cartomancie.

À l’origine… les cartes à jouer

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Les plus anciens jeux de cartes connus datent de la période Tang, soit du 7ème siècle de notre ère (618-907). Ce qui laisse penser que les jeux de cartes sont d’origine chinoise. Puis, les échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident favorisaient l’arrivée de ces jeux de cartes en Italie, par le biais des marchands Turcs et Arabes au XIIIème siècle, et finalement en France à la fin du XIVème siècle.

Les premières cartes à jouer éditées en Europe sont de couleurs dites « latines », telles que les bâtons, les deniers, les épées et les coupes. Puis, chaque région adopte des spécificités qui différencient les cartes selon leur provenance. C’est ainsi que les enseignes pique, cœur, carreau et trèfle, font leur apparition en France. Tandis que le cœur, le grelot, le gland et la feuille caractérisent les enseignes allemandes.

Malgré la diversité des cartes à jouer, le terme tarot n’était pas encore utilisé pour désigner les supports de cartomancie. Cela nous amène à nous intéresser de près au moment de l’histoire où la carte à jouer a donné naissance au jeu de tarot.

Des cartes à jouer au Tarot

Pour pouvoir différencier les jeux de tarot des jeux de cartes classiques, faisons un petit rappel sur ce qu’on appelle tarot.

Rappelons que le jeu de carte français standard est un jeu de 52 cartes, organisées en deux couleurs (noir et rouge) et en quatre enseignes françaises : pique, cœur, carreau, trèfle. Et avec les 2 jokers (qui s’apparentent au fou du Tarot de Marseille), les cartes à jouer sont au nombre de 54. Chaque enseigne comporte des cartes, numérotées de l’As à dix.

Un jeu de tarots complets est composé de 78 cartes dont 56 constituent l’arcane mineur et 22 autres, les atouts, l’arcane majeur. L’arcane mineur permet de retrouver les quatre couleurs : trèfle, cœur, pique et carreau du jeu de cartes standard. On y retrouve les treize cartes habituelles du jeu des 52 auxquelles s’ajoute le cavalier. Quant à l’arcane majeur, il est composé de 21 cartes illustrées et numérotées de 1 à 21, sauf le dernier qui est la carte sans chiffre.

L’ajout des atouts différencie les cartes à jouer des cartes du tarot. Cependant l’appellation des cartes ajoutées de lames ou d’arcanes date du XIXème siècle, alors que ce type de jeu de carte fut mentionné pour la première fois en 1440. En effet, l’utilisation des termes « arcanes » et « lames » est devenu populaire en même temps que le recyclage du tarot dans l’ésotérisme. Voilà pourquoi, on parlerait plutôt de « triomphes » (de l’Italien trionfi) ou d’ « Atouts ».

En effet, c’est au XVIème que le terme italien « Tarocchi » et celui en français « Taraux », dont l’étymologie demeure, à ce jour, encore inconnue, ont fait leur apparition.

La naissance du Tarot de Marseille

origines du tarot marseilleSelon les critères retenus par les historiens, le premier jeu de cartes, catégorisé de « tarot », date de 1425 ou de 1441. Il s’agit d’un jeu qui a vu le jour en Italie du Nord, dans la cour de Philippe Marie Visconti, duc de Milan. Selon certaines sources, le duc de Milan, féru de jeu de stratégie aurait commandé un jeu de cartes, considéré alors comme le prototype du tarot. Ce jeu, peint par Michelino da Besozzo, aurait mis en scène 16 héros (quatre représentant les vertus, quatre symbolisant les richesses, quatre les vierges célèbres et les quatre autres, les plaisirs).

Le deuxième jeu, toujours commandé par le duc en 1441, est plus connu, sous plusieurs appellations telles que tarot Cary-Yale, tarot de Philippe Marie Visconti, tarot des Visconti de Modrone. Les quelques soixante cartes qui ont traversé les siècles permettent de faire un recoupement entre les représentations de l’époque et celles des cartes contemporaines ; on y retrouve des représentations de la Foi, l’Espérance, la Force, la Justice et la Tempérance. Seules ces trois vertus cardinales (Force, Justice et Tempérance.) apparaissent dans les jeux de tarot contemporains.

L’existence du tarot de la génération suivante, datant de la seconde moitié du XVème siècle, est également attribuée à la famille Visconti, puisqu’il porte le nom de « tarot Visconti-Sforza ».

Ainsi, le tarot, né dans les cours princières de l’Italie du Nord, a rapidement conquis l’Europe. D’autant plus que l’invention de l’imprimerie a favorisé leur tirage pour en faire un jeu populaire. De même, le Tarot de Marseille, telle que nous la connaissons ce jour, commençait à prendre forme.

Le Tarot de Marseille pour la cartomancie

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Alors que les Italiens se désintéressaient progressivement du tarot, celui-ci conquit la France, suite à la guerre d’Italie. Ainsi vers la fin du XVème siècle, le tarot français se déclinait en plusieurs modèles, à l’instar du « tarot de Catelin Geoffroy » (Lyon, 1557), le tarot anonyme dit « tarot de Paris » (début du 17e siècle), les tarots de Jean Noblet et de Jacques Viéville (vers 1650) ; le tarot de Nicolas Conver (Marseille, 1760). L’expression Tarot de Marseille désigne un type de tarot, tel le tarot de Nicolas Conver ou de Jean Dodal.

C’est seulement en 1781 que le Français Antoine Court de Gébelin, associe au jeu des contenus ésotériques et une origine antique, notamment égyptienne, pour être à l’ère du temps, vu que l’Égypte était à la mode.

Puis, un certain Jean-Baptiste Alliette, connu sous le pseudonyme d’Etteilla, reprend la théorie de Court de Gébelin et propose le premier manuel de cartomancie moderne. Voilà comment le Tarot de Marseille, qui était à l’origine un simple jeu de cartes, est devenu un support de cartomancie très prisé en voyance.

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